Les Marocains sont appelés aux urnes aujourd'hui pour les élections municipales. Mais beaucoup n'iront pas voter, car ils pensent qu'à cause de la corruption, tout est joué d'avance. Un des partis en lice promet, dans un clip diffusé sur le Net, de mettre fin à la pratique de l'achat des votes. Convaincant ?
Trente-quatre partis seront représentés lors de ces élections pour lesquelles 22 000 circonscriptions sont en jeu. Mais le chiffre qui intéresse tout le monde est le taux d'abstention. Le scrutin a peu de chance de faire mieux que les législatives de 2007, pour lesquelles seulement 37 % de la population s'était déplacée. Et, selon l'opposition, un fort taux d'abstention pourrait faire chavirer le gouvernement du Premier ministre Abbas el-Fassi.
Selon notre observateurs, les promesses des vidéos de campagnes seront vite oubliées et les magouilles reprendront de plus belle.
Larbi est consultant en informatique. Il est Marocain mais vit à Paris.
Hors du contexte politique marocain, cette vidéo est
un petit bijou de communication, elle plaide pour la participation aux
élections communales et contre l'achat des voix. Elle est pédagogique, drôle et
utilise les codes culturels des jeunes.
Le problème, c'est que le message n'est pas crédible. Depuis le début de la campagne officielle, les Marocains ont vu défiler sur les télévisions publiques une trentaine de partis ; chacun avait un clip dénonçant la corruption. Du coup, tout le monde dénonce les pratiques d'achat des voix de ses voisins. Mais si tout le monde est clean, il n'y pas de coupable !
La réalité est tout autre. Il y a trois semaines, j'étais chez mes grands-parents, à la campagne. Pour la saison des moissons, tout le monde a eu droit au prêt d'une moissonneuse-batteuse par les notables locaux. Les gens ne savent même pas à quel parti ces notables appartiennent. Mais ils sont vénérés, élus et réélus à chaque scrutin. Certains les appellent même "Chérif" [distinction religieuse] !
De passage à Fès, je me suis dit que dans cette capitale culturelle du Royaume les choses seraient différentes. Pas du tout, le maire fait carrément appeler "le Sultan de Fès".
De manière générale, les gens sont blasés. Dans les villes, où l'abstention s'annonce record, la campagne n'intéresse que les candidats. Les Marocains ont une impression de déjà vu."
Commentaires
en afrique et dans le monde
Soumis par mercide le dim, 14/06/2009 - 09:18.en afrique et dans le monde Arabe, rien n'est propice aux élections libres et transparentes.c'est vraiment dommage.
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mercide